Assurance dommages ouvrage marchand de biens 2026 : obligations, tarifs et conseils

Le marchand de biens face à l’obligation dommages ouvrage

En tant que marchand de biens, vous achetez, rénovez et revendez des biens immobiliers dans un délai court. Cette activité vous place dans une situation juridique particulière vis-à-vis de l’assurance dommages ouvrage (DO). Contrairement à un propriétaire occupant qui construit pour lui-même, vous intervenez comme maître d’ouvrage professionnel sur des opérations destinées à être revendues — parfois plusieurs fois et à des acquéreurs successifs qui ne vous connaissent pas.

La loi Spinetta du 4 janvier 1978, codifiée aux articles L. 242-1 et suivants du Code des assurances, impose à tout maître d’ouvrage de souscrire une assurance dommages ouvrage avant l’ouverture du chantier. Cette obligation ne disparaît pas parce que vous êtes un professionnel de l’immobilier — bien au contraire, elle se renforce, car l’absence de DO lors de la revente peut bloquer la transaction ou engager votre responsabilité pénale.

Comprendre quand la DO s’applique à votre activité, ce que le notaire en attend, et comment obtenir un tarif adapté à votre profil professionnel : voilà les trois enjeux couverts par ce guide.

Point légal important : La non-souscription de l’assurance dommages ouvrage par un professionnel est un délit pénal passible de 6 mois d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (article L. 243-3 du Code des assurances). Le marchand de biens n’y échappe pas.

Quand la DO est-elle obligatoire pour un marchand de biens ?

La dommages ouvrage n’est pas systématiquement requise pour toute opération d’un marchand de biens. Elle s’impose dès lors que les travaux réalisés touchent à la structure, à l’étanchéité ou à la solidité de l’ouvrage, ou dès qu’ils rendent le bien impropre à sa destination. La jurisprudence est constante sur ce point : si les travaux relèvent de la garantie décennale des constructeurs, la DO est obligatoire côté maître d’ouvrage.

Les travaux qui déclenchent l’obligation

Concrètement, les opérations suivantes imposent la souscription d’une assurance dommages ouvrage :

  • Restructuration lourde avec intervention sur les fondations, les murs porteurs ou la charpente
  • Extension ou surélévation du bâtiment existant
  • Changement de destination avec transformation structurelle (ex. : entrepôt converti en logements)
  • Réfection complète de la toiture ou de l’étanchéité en terrasse
  • Installation d’un système de chauffage central ou de climatisation réversible encastrés
  • Création d’ouvertures structurelles (percement de plancher, suppression de murs porteurs)

Les travaux qui n’y sont pas soumis

À l’inverse, une rénovation purement esthétique ou de second œuvre léger — peinture, revêtements de sol non structuraux, second œuvre amovible — ne déclenche pas l’obligation DO. Mais attention : la frontière est parfois ténue, et en cas de doute, votre notaire ou votre courtier vous conseillera d’en souscrire une par précaution plutôt que de risquer un blocage à la vente.

Consultez également notre article dédié : Assurance dommages ouvrage extension et rénovation lourde : quand est-elle obligatoire ?

Tableau des opérations : DO obligatoire ou facultative ?

Type d’opérationNature des travauxDO obligatoire ?Remarque
Rénovation légèrePeinture, parquet, plomberie de confort, électricité simpleNonPas de risque décennal identifié
Rénovation lourdeMurs porteurs, charpente, étanchéité, fondationsOuiObligation légale avant ouverture de chantier
Changement de destinationLocal commercial → logement, entrepôt → bureaux avec gros œuvreOuiSi transformation structurelle ou création d’un nouvel usage
Immeuble de rapport (achat-revente)Réhabilitation complète avec création de nouveaux logementsOuiChaque lot vendu doit pouvoir bénéficier de la DO transférée
Construction neuvePromotion ou VEFA portée par le marchand de biensOuiObligation absolue — identique à un promoteur immobilier
Achat-revente sans travauxAucun travail structurel réaliséNonSauf si une DO antérieure doit être produite à la revente

Ce que le notaire exige lors de la revente

C’est souvent au moment de la signature de l’acte authentique de vente que le marchand de biens réalise l’importance de la DO. Le notaire est en effet tenu de vérifier la situation assurantielle du bien vendu et de l’annexer à l’acte. Voici ce qu’il vous demandera concrètement.

L’attestation d’assurance dommages ouvrage

Vous devrez fournir l’attestation de souscription DO délivrée par votre assureur. Ce document mentionne le numéro de police, les coordonnées de l’assureur, la date d’effet, le montant des travaux garantis et la date de fin de garantie (10 ans à compter de la réception des travaux). Sans cette attestation, le notaire peut refuser de signer ou informer l’acquéreur des risques, ce qui bloque souvent la vente dans les faits.

Le transfert automatique de garantie

L’un des atouts majeurs de la DO pour un marchand de biens est son caractère réel : la garantie est attachée au bien, pas à la personne. Lors de chaque revente, la DO se transfère automatiquement au nouvel acquéreur, sans démarche particulière ni avenant. Cela signifie que l’acheteur bénéficie de la même protection que vous auriez eue, pour la durée restante des 10 ans.

Ce mécanisme est précieux pour vos acheteurs : si un sinistre de nature décennale survient deux ans après votre revente, l’acquéreur peut activer la DO directement, sans avoir à prouver la faute d’un constructeur et sans attendre un jugement.

Bon à savoir : En l’absence de DO lors de la revente, le marchand de biens engage sa responsabilité personnelle vis-à-vis de l’acquéreur. Ce dernier peut se retourner contre lui pendant 10 ans pour obtenir la réparation de tous les désordres qui auraient été couverts par la DO. Consultez notre article : Vendre sans assurance dommages ouvrage : risques et solutions.

Tarifs 2026 pour marchands de biens : ce que vous devez savoir

Le tarif de l’assurance dommages ouvrage dépend du profil du souscripteur, de la nature des travaux, du montant du chantier et de la qualité du dossier technique présenté. En tant que professionnel, vous bénéficiez d’une prime significativement inférieure à celle d’un particulier.

Comparatif des taux selon le profil du maître d’ouvrage

Profil du maître d’ouvrageTaux indicatif (% du coût des travaux)Prime plancher indicative
Particulier (maison individuelle)4 % à 7 %à partir de 3 500 €
Professionnel (promoteur, marchand de biens)1 % à 3 %à partir de 2 500 €
Marchand de biens avec dossier optimisé0,8 % à 1,8 %à partir de 2 000 €

Tarifs indicatifs 2026 — Sources : La Décennale, ProDommageOuvrage. Ces taux sont des fourchettes de marché et peuvent varier selon les assureurs et la qualité du dossier.

Pourquoi un tel écart entre particulier et professionnel ? L’assureur considère qu’un marchand de biens expérimenté encadre mieux son chantier : il fait appel à des professionnels qualifiés (entreprises assurées en décennale), suit les règles de l’art et dispose souvent d’un dossier technique structuré. Ce profil réduit mécaniquement le risque de sinistre.

Pour aller plus loin sur les facteurs qui influencent votre prime, consultez notre guide complet : Prix assurance dommages ouvrage 2026 : tarifs réels et simulation.

Attention : Les tarifs en ligne ne sont que des indicateurs. Votre prime finale dépendra du montant exact des travaux, du type de structure (bois, béton, acier), de la zone géographique, de la présence d’un maître d’œuvre et de la qualité de votre dossier technique. Un courtier indépendant peut obtenir des conditions que vous ne trouverez pas directement.

Comment optimiser son dossier de souscription ?

Le taux que vous obtiendrez dépend en grande partie de la qualité du dossier que vous présentez à l’assureur. Un marchand de biens qui soigne sa présentation peut réduire sa prime de 30 à 40 % par rapport à un dossier incomplet. Voici les leviers à activer.

Constituer un dossier technique solide

L’assureur veut comprendre précisément la nature et l’étendue des travaux. Prévoyez :

  • Un descriptif technique détaillé par lot (gros œuvre, charpente, étanchéité, second œuvre)
  • Les plans architecturaux ou au moins des croquis côtés pour les travaux structurels
  • Le budget prévisionnel HT ventilé par poste
  • Les attestations décennales des entreprises intervenantes (obligatoires pour chaque corps de métier)
  • Le permis de construire ou la déclaration préalable si applicable

Faire appel à un maître d’œuvre (MOE)

La présence d’un architecte ou d’un maître d’œuvre diplômé sur le chantier est un signal fort pour les assureurs. Elle démontre qu’un professionnel qualifié supervise l’exécution des travaux et vérifie leur conformité aux règles de l’art. Dans de nombreux cas, cela fait basculer votre dossier dans une catégorie tarifaire inférieure.

Réaliser une étude géotechnique si nécessaire

Pour tout chantier impliquant des fondations ou en zone à risque (sols argileux, remblais, zone sismique), une étude géotechnique G2 PRO est fortement recommandée — et parfois exigée par l’assureur. Elle permet d’évaluer la nature du sol et d’adapter les fondations en conséquence, réduisant le risque de sinistre futur et, par ricochet, votre prime.

Anticiper la souscription

La DO doit être souscrite avant l’ouverture du chantier, mais plus vous anticipez, mieux c’est. Souscrire en urgence (quelques jours avant le démarrage) réduit vos options et peut faire monter le prix. Idéalement, débutez les démarches 4 à 6 semaines à l’avance pour disposer du temps nécessaire à la mise en concurrence des assureurs.

FAQ — Vos questions sur la DO marchand de biens

1. Suis-je obligé de souscrire une DO même si je revends rapidement le bien ?

Oui. L’obligation de souscrire la dommages ouvrage s’applique dès lors que des travaux soumis à la garantie décennale ont été réalisés, indépendamment du délai entre la fin du chantier et la revente. Le fait de revendre dans les 6 mois ne vous dispense pas de cette obligation légale. En l’absence de DO, vous restez personnellement responsable pendant 10 ans vis-à-vis des acquéreurs successifs.

2. La DO souscrite par le marchand de biens couvre-t-elle tous les acquéreurs futurs ?

Oui. C’est précisément l’intérêt du mécanisme. L’assurance dommages ouvrage est une garantie réelle attachée à l’immeuble. Elle se transfère de plein droit à chaque mutation, sans que le nouvel acquéreur ait à effectuer de démarche particulière. Tous les propriétaires successifs peuvent en bénéficier jusqu’à l’expiration des 10 ans courant à partir de la date de réception des travaux.

3. Quel est le tarif d’une DO marchand de biens chez AGS Assurance ?

AGS Assurance est un courtier indépendant qui accède à un large panel de compagnies spécialisées dans le risque construction. Pour un marchand de biens présentant un dossier technique complet, les taux obtenus sont généralement compris entre 0,8 % et 2 % du montant des travaux HT, avec une prime plancher autour de 2 000 €. Ce tarif reste toutefois indicatif : chaque opération est analysée individuellement selon la nature des travaux, le montant du chantier, la zone géographique et la présence d’un maître d’œuvre. Le devis est gratuit et sans engagement.

4. Ma DO couvre-t-elle aussi les désordres affectant les parties communes d’un immeuble ?

Cela dépend du contrat souscrit. Une DO standard couvre les désordres de nature décennale affectant le bien objet du chantier. Si vous réhabilitez un immeuble entier avec création de plusieurs lots, il est indispensable de vérifier que le contrat couvre bien l’ensemble de l’ouvrage, y compris les parties communes. Certains assureurs proposent des contrats spécifiques pour les immeubles collectifs réhabilités. Un courtier spécialisé veillera à ce que la police retenue corresponde exactement à votre opération.

5. Pourquoi passer par AGS Assurance plutôt que de contacter directement un assureur ?

AGS Assurance est un courtier indépendant spécialisé en assurances de construction et immobilières. En tant que courtier, AGS n’est pas lié à un seul assureur : il compare pour vous l’ensemble du marché et négocie les conditions les plus favorables selon votre profil. Pour un marchand de biens, cela se traduit concrètement par un accès à des contrats que vous ne trouverez pas en souscription directe, des tarifs professionnels négociés, et un accompagnement sur la constitution de votre dossier technique pour maximiser vos chances d’obtenir un taux optimal. En cas de sinistre, AGS est également à vos côtés pour faciliter l’activation de la garantie.

Conclusion : la DO, un investissement rentable pour le marchand de biens

Pour un marchand de biens, l’assurance dommages ouvrage n’est pas seulement une obligation légale — c’est un outil de fluidification des transactions et de protection de votre patrimoine professionnel. Elle rassure l’acquéreur, satisfait les exigences du notaire, et vous protège contre toute mise en cause ultérieure pour des désordres que vous n’auriez pas forcément pu anticiper.

En 2026, les tarifs professionnels restent accessibles — entre 1 % et 3 % du coût des travaux pour un profil standard, et potentiellement moins avec un dossier bien préparé. L’enjeu est de s’y prendre suffisamment en amont, de constituer un dossier technique rigoureux, et de passer par un courtier indépendant capable de comparer l’ensemble du marché.

AGS Assurance accompagne les marchands de biens à chaque étape : analyse de votre opération, constitution du dossier, mise en concurrence des assureurs et suivi en cas de sinistre. N’attendez pas l’ouverture du chantier pour vous en préoccuper.

Sources institutionnelles : Code des assurances — Articles L. 242-1 et suivants (Legifrance) | Assurance dommages-ouvrage — Service-Public.fr