L’assurance décennale carreleur redressement judiciaire est une question qui angoisse tout poseur de carrelage dont l’entreprise traverse une période de turbulences. Faut-il garder son contrat ? L’assureur peut-il le résilier ? Et que devient la garantie sur les sols déjà posés ? Rassurez-vous : ouvrir une procédure collective ne vous prive pas automatiquement de toute protection, mais cela change la manière de présenter votre dossier aux assureurs.
Dans le BTP, le carrelage est l’un des postes qui génèrent le plus de réclamations : fissures, décollements, défauts d’étanchéité sous carrelage, infiltrations en pied de douche. Quand la trésorerie est tendue, l’envie de laisser filer l’assurance est forte, mais c’est précisément le pire réflexe. Voici comment protéger vos chantiers, vos clients et votre activité.
Assurance décennale carreleur redressement judiciaire : ce que dit la loi
Le redressement judiciaire est une procédure ouverte par le tribunal de commerce lorsqu’une entreprise est en cessation de paiements, mais que son activité peut être sauvée. Elle ne supprime pas vos obligations d’assurance. Selon l’article 1792 du Code civil, tout constructeur est responsable pendant dix ans des dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. La loi Spinetta de 1978 impose en outre de souscrire une assurance décennale avant l’ouverture de chaque chantier.
Concrètement, en matière d’assurance décennale carreleur redressement judiciaire, trois principes s’appliquent :
1. Les travaux déjà réceptionnés restent couverts par le contrat en vigueur à l’ouverture du chantier, même si ce contrat est résilié ensuite. La garantie suit le chantier, pas la situation financière actuelle de l’entreprise.
2. Les nouveaux chantiers exigent une attestation valide. Sans elle, vous ne pouvez ni signer de devis ni démarrer légalement des travaux soumis à l’obligation d’assurance.
3. Rester sans assurance expose le dirigeant à des sanctions pénales et à une responsabilité personnelle en cas de sinistre. Vous trouverez le détail de la procédure sur Service-Public.fr et le texte de l’article 1792 sur Légifrance.
Attention : informez toujours votre assureur de l’ouverture d’une procédure collective. Une déclaration tardive ou inexacte peut entraîner une réduction d’indemnité, voire la nullité du contrat.
Ce que couvre la décennale du carreleur… et ce qu’elle ne couvre pas
Avant de comparer les offres, il faut savoir ce que la garantie prend réellement en charge. Le carrelage est un cas particulier : un simple défaut esthétique ne relève pas de la décennale, alors qu’une infiltration ou un affaissement de dalle peut en relever.
| Situation sur chantier | Couvert par la décennale ? | Détail |
|---|---|---|
| Carrelage qui se décolle en masse et rend le sol impropre à l’usage | Oui | Atteinte à la destination de l’ouvrage |
| Défaut d’étanchéité sous carrelage de douche avec infiltrations | Oui | Dommage touchant la solidité ou l’usage du logement |
| Fissures structurelles liées à une chape mal exécutée | Oui, selon l’ampleur | Expertise souvent nécessaire |
| Joint décoloré, éclat isolé, défaut d’aspect | Non | Relève de la garantie de parfait achèvement |
| Dégât causé à un tiers pendant le chantier | Non | Relève de la RC Pro, à vérifier au contrat |
| Chantiers hors activités déclarées | Non | Garantie refusée en cas de déclaration incomplète |
Pour les dommages hors décennale, la responsabilité civile professionnelle prend le relais. Notre page consacrée à la RC Pro des professionnels des travaux détaille cette seconde protection, indispensable en complément.
Assurance décennale carreleur en redressement judiciaire : tarifs et garanties
Un carreleur en procédure collective est considéré comme un risque aggravé par la plupart des assureurs traditionnels. Le résultat : refus de souscription, surprime ou franchises relevées. À titre de repère, les tarifs du marché pour un carreleur en situation normale se situent généralement entre 750 et 1 200 € par an en micro-entreprise, et entre 1 200 et 3 800 € par an en société avec un chiffre d’affaires de 50 000 à 300 000 €. En situation de redressement, la prime peut être majorée, parfois sensiblement, selon l’historique et les garanties apportées. Tarifs indicatifs 2026, à titre d’information.
Trois facteurs pèsent le plus sur le montant : le chiffre d’affaires déclaré, la sinistralité des cinq dernières années et la part de travaux d’étanchéité ou de pose en extérieur. Un historique sans sinistre peut ouvrir droit à un bonus d’environ 15 %.
3 points de vigilance prioritaires :
1. Déclarez précisément vos activités (pose, ragréage, étanchéité sous carrelage, chape) : une déclaration incomplète peut vider la garantie de sa substance.
2. Vérifiez que l’attestation mentionne bien la période de validité et les travaux couverts, car le maître d’ouvrage peut l’exiger avant le début du chantier.
3. Ne confondez pas résiliation et continuité de garantie : les chantiers ouverts avant la résiliation restent couverts, mais pas les suivants.
Exemple concret : un carreleur en redressement qui retrouve une attestation
Prenons Karim, carreleur en SARL, deux salariés, 220 000 € de chiffre d’affaires. Après un gros impayé, son entreprise est placée en redressement judiciaire en septembre. Son assureur lui notifie une résiliation à l’échéance. Karim doit pourtant terminer deux chantiers de salle de bain et en signer un troisième le mois suivant.
Il dépose un dossier complet : bilans, plan de continuation envisagé, liste de chantiers, absence de sinistre déclaré sur trois ans. Son courtier consulte plusieurs compagnies spécialisées dans les risques aggravés. Résultat : une offre à environ 2 900 € par an, avec une franchise de 2 000 € et un paiement fractionné. Il conserve ainsi son droit de signer le nouveau chantier. (Exemple illustratif, tarifs indicatifs)
Comment comparer et choisir la meilleure décennale quand on est en redressement
Face à un refus, la tentation est de multiplier les demandes en ligne. C’est inefficace : chaque refus laisse une trace, et les plateformes standard n’ont pas accès aux marchés spécialisés. Un courtier indépendant comme AGS Assurance travaille avec de nombreux partenaires assureurs, compagnies françaises et étrangères, dont certaines acceptent les profils en procédure collective.
Pour faire aboutir votre demande d’assurance décennale carreleur redressement judiciaire, préparez ces éléments :
• le jugement d’ouverture et, si possible, le plan de redressement ou de continuation ;
• vos derniers bilans et votre chiffre d’affaires prévisionnel ;
• la liste des chantiers en cours et à venir ;
• l’historique de sinistralité sur cinq ans, avec les relevés d’assureurs précédents ;
• vos qualifications, par exemple celles reconnues par Qualibat.
Le courtier compare les garanties, les franchises, les plafonds et les exclusions, puis négocie pour vous. À la signature, il vous remet l’attestation à jour que vos clients et vos donneurs d’ordre vous demanderont. Pour une vue d’ensemble, consultez notre guide sur l’assurance décennale en redressement judiciaire, ou celui dédié à la assurance décennale en général. Les organisations professionnelles comme la CAPEB ou la FFB proposent aussi un accompagnement utile pendant la procédure.
FAQ — Décennale du carreleur en redressement judiciaire
L’assurance décennale est-elle obligatoire pour un carreleur en redressement judiciaire ?
Oui. L’obligation découle de la loi Spinetta et de l’article L241-1 du Code des assurances : elle s’applique à tout professionnel qui réalise des travaux de construction, quelle que soit sa situation financière. Aucun chantier ne peut être ouvert sans attestation valide.
Quand faut-il chercher une nouvelle assurance après l’ouverture de la procédure ?
Immédiatement, dès le jugement d’ouverture ou la notification de résiliation. Plus vous anticipez, plus vous évitez une période sans attestation. Idéalement, lancez la recherche 60 jours avant l’échéance de votre contrat.
Mes anciens chantiers de carrelage restent-ils couverts si mon contrat est résilié ?
En principe oui : la garantie s’applique aux chantiers ouverts pendant la période de validité du contrat, pour dix ans après réception. Conservez soigneusement vos anciennes attestations et procès-verbaux de réception.
Combien coûte une décennale carreleur en redressement judiciaire ?
Le prix dépend du chiffre d’affaires, de la sinistralité et de vos garanties. Comptez souvent de 1 200 € à plus de 3 000 € par an, avec une majoration possible en procédure collective. AGS Assurance compare les offres de ses partenaires pour obtenir le meilleur rapport garanties-prix (tarifs indicatifs 2026).
Pourquoi passer par un courtier comme AGS Assurance ?
Parce qu’un courtier indépendant accède à de nombreux assureurs, y compris sur les risques aggravés, et défend votre dossier. AGS Assurance vous fait gagner du temps, compare les garanties et vous aide à décrocher une attestation exploitable rapidement.
Conclusion : ne laissez pas la procédure bloquer votre activité
Une assurance décennale carreleur redressement judiciaire bien négociée évite la rupture : un redressement n’est pas la fin de votre entreprise de carrelage, et il ne doit pas devenir une période sans assurance. Les chantiers déjà réalisés restent protégés par les contrats qui les couvraient, mais il vous faut une attestation valide pour poursuivre. En préparant un dossier solide, en déclarant précisément vos activités et en faisant jouer la concurrence entre plusieurs assureurs, vous augmentez vos chances d’obtenir une couverture adaptée à un tarif supportable.
Chez AGS Assurance, courtier indépendant, nous accompagnons chaque jour des artisans du BTP, y compris dans des situations compliquées. Consultez aussi notre page dédiée à la décennale pour artisan, puis demandez une comparaison gratuite : elle ne vous engage à rien et peut sauver votre prochain chantier. Retrouvez enfin toutes nos solutions sur AGS Assurance.




